avril 26th, 2013 by Pharmacien

La surveillance de la légionellose a débuté au niveau européen en 1996 et est réalisée depuis 2010 par un réseau dédié (European Legionnaire’s Disease Surveillance Network).

Le nombre de cas rapportés a d’abord augmenté lors de la mise en place de la surveillance, puis a connu un plateau avec 5 500 à 6 000 cas par an de 2005 à 2009. En 2010 ont été signalés en moyenne 1,2 cas confirmés ou probables pour 100 000 habitants, une augmentation de 12 % par rapport à 2009. Ce taux variait beaucoup d’un pays à l’autre et était le plus élevé en Slovénie et aux Pays Bas. Six pays (France, Allemagne, Italie, Espagne, Pays-Bas et Royaume-Uni rapportaient 86 % des cas et c’était aux Pays Bas (+83 %), en Allemagne (+ 37 %) et en France (+26 %) que la hausse était la plus sensible.

Sur la période 2009-2010, le taux de mortalité a été de 11 %. Pour 10 582 cas rapportés, l’origine probable de l’infection a pu être précisée : 71 % étaient d’origine communautaire, 20 % associés au voyage, 8 % nosocomiaux et 1 % d’origine autre. Les patients étaient considérés comme faisant partie d’un groupe de cas, s’ils avaient été exposés à la même source qu’au moins un autre patient (avec moins de deux ans d’écart entre les infections). Sur les 7 872 cas pour lesquels cette notion a pu être documentée, en moyenne 8 % étaient groupés, la proportion étant plus importante pour les infections associées au voyage (20 %) et moindre dans le groupe communautaire (5 %). Une majorité de cas (59 %) sont survenues entre juin et octobre, en 2009 comme en 2010.

Sur les 995 cas excédentaires de 2010 par rapport à la moyenne 2008-2009, 67 % ont donc été rapportés par la France, l’Allemagne et les Pays-Bas, sur deux pics en janvier, (uniquement en France, + 52 %) et août (+ 50 %).

L’augmentation s’est donc concentrée sur 3 pays et sur 2 mois, et cet excès était fait de cas sporadiques ou de petits groupes. Les données géographiques disponibles pour la France et les Pays-Bas ont permis de les localiser dans l’Est des deux pays. Cette concentration temporelle et spatiale des cas excédentaires suggère un rôle environnemental tel qu’une vague de chaleur associée à de fortes pluies.

Le pic aoûtien de légionelloses serait donc possiblement imputable à l’été exceptionnellement chaud en Europe en 2010.

Source: Beaute J et coll. : Legionnaires disease in Europe, 2009-2010. Euro Surveill., 2013 ; 7 : 18(10). doi:pii: 20417

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octobre 21st, 2011 by Pharmacien

 

Une nouvelle application smartphone pour la prise en charge de la fièvre vient de faire son apparition. Alerte fièvre a été développée par le Dr Marc-Hervé Binet, à partir des recommandations de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé.

« Le but est de rendre service aux patients qui pourront avoir des réponses appropriées à leur situation, mais aussi aux médecins afin que les appels qui concernent ce symptôme arrivent uniquement à bon escient» précise le Dr Binet. En effet, les demandes de conseils ou de consultation pour le symptôme fièvre représentent actuellement plus de 35 % des appels de la permanence des soins. En pratique, l’utilisateur indique la température mesurée et créé le profil du malade (date de naissance, poids, antécédents médicaux). Il obtient alors des informations d’ordre général, la recommandation de prendre, ou non, un médicament et celle d’appeler, ou non, un médecin.

Alerte fièvre propose également des conseils pratiques sur les différentes méthodes et localisations de mesure de la température corporelle, les types de thermomètre, leurs avantages et inconvénients en fonction des patients. L’application renseigne sur les médicaments à prendre et donne la liste des noms commerciaux du paracétamol en France et à l’étranger. Elle mémorise les paramètres du profil, les températures déjà enregistrées et les médicaments ingérés, rappelle les horaires pour la surveillance de la température et les prises médicamenteuses à venir.

Ces éléments peuvent être exportés et Alerte fièvre permet, si la situation le nécessite, de lancer un appel vers les services d’urgence ou le médecin le plus proche de son domicile.

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janvier 26th, 2011 by Pharmacien

Qu’est-ce que la toxoplasmose?

C’est un microbe appelé Toxoplasma gondii qui cause la toxoplasmose. La toxoplasmose est une zoonose (maladie des animaux vertébrés transmissible à l’homme). Cette maladie parasitaire cosmopolite est due à un protozoaire nommé toxoplasme. Cette infection peut atteindre aussi bien l’homme que les animaux, en fait, Le toxoplasme capable de parasiter presque toutes les cellules des animaux à sang chaud. Grâce à la présence d’anticorps, on considère que la plupart des sujets adultes ont rencontré le parasite.

Cette affection est très fréquente et habituellement bénigne. Elle entraîne de graves problèmes chez la femme enceinte (foetopathie) et chez l’immunodéprimé.

Une nouvelle notion permet d’évoquer la gravité de certaines toxoplasmoses acquises qui peuvent parfois donner des lésions oculaires.

Qu’est-ce qu’un toxoplasme?

Le toxoplasme a une forme d’arc avec une extrémité plus effilée, mesure environ 4µm sur 2µm de large et est appelé tachyzoïte. Ce terme vient du grec tachus (rapide) pour évoquer la rapidité de sa division dans les cellules qui l’hébergent. Il peut se déplacer par des mouvements circulaires, ondulatoires ou par rotation. Il peut aussi changer de forme. Il ne peut vivre qu’à l’intérieur d’une cellule qu’il parasite.

Le toxoplasme, lors de réaction de l’organisme, peut rester relativement immobile ce qui forme un kyste chez l’hôte intermédiaire (ruminant, cheval, porc, homme). Lorsqu’il retrouve des conditions favorables, il y a une transformation. Il retrouve sa mobilité et va se déplacer et coloniser les cellules de l’hôte.

Comment sommes-nous contaminé?

  • Contact du chat: La plupart des chats se contaminent en ingérant un animal infesté, habituellement un rongeur. Le cycle sexué du toxoplasme ne s’effectue que chez les félidés, hôte définitif du toxoplasme (chat le plus souvent). Le parasite se développe dans les cellules épithéliales de l’intestin grêle du chat où ils se reproduisent par division asexuée. Après quelques jours de reproduction rapide, ces cellules acquièrent une forme sexuée et se combinent pour former un kyste appelé oocyste. Les félins se contaminent en avalant des aliments qui renferment des oocystes de source fécale ou encore de la chair animale renfermant des kystes tissulaires. Les excréments d’un félin ainsi infecté renferment des millions d’oocystes. Le milieu extérieur est infecté lorsque le chat libère ses excréments. Il semblerait qu’ au moins 60% des chats sont ou ont été infectés. Les chats « chasseurs » sont plus souvent porteurs que les chats domestiques. La plupart des infections acquises sont asymptomatiques. Le parasite émis lorsque le chat libère ses excréments devient infectant après un séjour d’au moins 24 heures dans le milieu extérieur. Il reste viable plusieurs mois dans un sol humide. Ils sont en revanche détruits par la chaleur à 60 °C (38). Le risque de contracter le parasite est maximal au contact de la litière du chat et de terre (jardins, légumes, bacs à sable)souillée par le chat. Le risque serait plus exceptionnel au contact direct du chat.
  • Alimentation: Un animal ingère le parasite. Après s’être multiplié et disséminé dans le corps de l’animal par la voie du sang, le parasite reste latent à l’intérieur de kystes (oocystes) situé dans le cerveau, l’œil et les muscles. Le parasite reste viable après 68 jours à + 4 °C; par contre, il est sensible à la salaison, au chauffage (67 °C pendant 3 minutes). La cuisson aux microondes est imparfaite pour assurer la destruction du parasite. C’est en se nourrissant de viande porteuses de ces kystes que l’homme est contaminé. Il est aussi possible de contracter Toxoplasma gondii en touchant de la viande crue ou des animaux contaminés, ainsi qu’en étant exposé à des aliments, de l’eau ou de l’air contaminés par des selles de félins. Si les gens ne se lavent pas les mains avant de boire ou de manger après avoir touché une source de contamination, le protozoaire est transmis des mains à la bouche, puis avalé.

Mesures de précaution

  • Porter des gants avant ou se laver soigneusement les mains après avoir: ­ manipulé de la viande crue, ­ manipulé des crudités,­ fait du jardinage.
  • Eviter tout contact avec les chats sinon: éliminer les fèces du chat et changer sa litière avec des gants et à des intervalles réguliers inférieurs à 24 heures, désinfecter les objets souillés par de l’eau bouillante pendant 5 minutes.
  • Suivre un régime alimentaire: consommer toute viande (ovins, bovins, volailles) bien cuite, éviter la consommation de crudités ou les laver soigneusement, éviter la consommation d’œufs crus et de lait cru

Toxoplasmose et grossesse:

La transmission de la mère au fœtus s’effectue en moyenne 4 à 8 semaines après la colonisation du placenta

Le passage du parasite du placenta au fœtus n’est pas obligatoire. La fréquence de transmission materno­fœtale, estimée globalement à 30% des cas, est d’autant plus élevée que l’infection survient tardivement au cours de la grossesse

Plus l’infection du foetus est tardive et plus tard les symptômes cliniques se manifestent. On peut estimer que sur 800000 grossesses annuelles, 2000 femmes feront une toxoplasmose et 700 foetus seront contaminés. Un contrôle régulier est obligatoire en cours de grossesse.

  • La toxoplasmose congénitale grave entraîne des calcifications intracrâniennes pathognomoniques (caractéristiques). Il s’y ajoute souvent un crâne augmenté de volume, une dilatation ventriculaire, des perturbations neurologiques (convulsions, hypotonie) et des anomalies oculaires graves (rendre l’enfant presque aveugle). Les formes les plus graves entraînent la mort du foetus.
  • La toxoplasmose viscérale, moins grave, atteint malgré tout le foie et entraîne une coloration jaune de la peau et de muqueuses (ictère néo-natal) associé parfois à des troubles hématologiques (du sang).
  • La toxoplasmose congénitale moins sévère, avec des lésions oculaires immédiates ou survenant plus tardivement chez l’enfant. Ce décalage entre l’infection et la découverte d’une choriorétinite toxoplasmique est fréquent.

Toxoplasmose et autres maladies?

Que ce soit dans le cadre du sida ou bien dans le temps post-opératoire des transplantés et greffés, on va assiste à une toxoplasmose souvent grave.

Que faire en cas de toxoplasmose?

L’association pyriméthamine et sulfadiazine est active durant la phase aigüe (tachyzoïtes)mais inactive vis -à-vis des bradyzoïtes dans le muscle ( Nb: le toxoplasme prend des « formes » différentes dans son évolution suivant le milieu qu’il habite. Sa « forme » bradyzoïte est la plus infectante pour l’homme.

Pendant la grossesse: En cas de séroconversion ou de suspicion de toxoplasmose évolutive, la spiramycine (Rovamycine) est prescrite en attendant le résultat du diagnostic anténatal. Avec un posologie adaptée, cela assure une bonne concentration placentaire et réduit de plus de 50% le risque de transmission materno-fœtale.

Votre médecin est votre meilleur conseil.

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décembre 10th, 2010 by Pharmacien

Pour la première fois depuis des décennies, l’espérance de vie américaine est en recul, indiquent Les Echos. Les personnes nées en 2008 peuvent en effet espérer vivre en moyenne 77,8 ans, soit un mois de moins que celles nées en 2007, souligne une étude des National Vital Statistics Reports, publiée hier. Tandis qu’entre 1976 et 2008, l’espérance de vie des Américains a « généralement été en augmentation », en 2008, elle est passée de 75,4 ans à 75,3 ans pour les hommes et de 80,4 ans à 80,3 ans pour les femmes.
Les hommes noirs, qui généralement ont presque cinq ans d’écart d’espérance de vie en leur défaveur avec les blancs, ont toutefois atteint en 2008 un record, améliorant leur longévité de deux mois à 70,2 ans contre 70 ans en 2007. Au rang des quinze premières causes de mortalité figurent en tête les maladies du coeur, les tumeurs cancéreuses, les maladies respiratoires et les accidents cardio-vasculaires.

Source: lesechos.fr

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mai 12th, 2010 by Pharmacien

La Croix rapporte qu’hier, « le tribunal des affaires de Sécurité sociale de Bourg-en-Bresse (Ain) a condamné la société Eurovia, l’un des leaders mondiaux de la construction de route, pour faute inexcusable après la mort, en juillet 2008, d’un de ses ouvriers des suites d’un cancer très virulent de la peau, à l’âge de 56 ans ».
Il « a trouvé que la conjonction de projections, voire d’inhalation, du bitume avec les UV favorisait soit le risque né des UV, soit le risque né du bitume ». L’avocat de la famille de la victime, Me Jean-Jacques Rinck, « appelle les ouvriers [travaillant dans le secteur] à consulter leur médecin et à porter plainte s’ils sont malades ». Il demande également « aux pouvoirs publics, au titre du principe de précaution et en s’inspirant du dossier amiante, d’interdire le bitume », note le journal.

L’Union des syndicats de l’industrie routière française (Usirf) explique que « le Centre international de recherche sur le cancer, plus haute autorité mondiale compétente en la matière, a conclu en 2009 que l’exposition aux fumées de bitume ne provoquait pas de cancer ».

Les Echos notent quant à eux que « même si seule une décision de la Cour de cassation peut faire jurisprudence, ce jugement propose un début de jurisprudence car ce dossier ne peut s’arrêter à un tribunal de premier degré », a souligné le tribunal.

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