mars 6th, 2014 by Pharmacien

La vente des tests de grossesse dans les supermarchés est désormais inscrite dans la loi dite « consommation », adoptée par le Parlement le 13 février dernier. Alors que le gouvernement présente cette mesure comme une avancée pour la santé publique, l’Académie nationale de pharmacie n’y voit qu’ « un mauvais service rendu aux femmes ».

[image src=’http://votre-pharmacien.fr/wp-content/uploads/2014/03/test-de-grossesse.jpg’ width=’190′ height=’145′ title=’Test de grossesse’ align=’left’]Le ministre de la Consommation, Benoît Hamon, attend en particulier de cette évolution une baisse des prix qui devrait faciliter l’accès aux tests de grossesse pour les femmes en situation précaire. L’autre argument avancé par le gouvernement est le « besoin d’anonymat » qui entoure cet achat. L’Académie n’hésite pas, de son côté, à parler de risque pour la santé. En l’absence de conseils et d’accompagnement, elle évoque notamment le danger de pratiquer ce test trop précocement et d’obtenir un résultat faussement négatif, « avec comme conséquence, une découverte tardive de la grossesse et le recours à un avortement, beaucoup plus lourd psychologiquement et coûteux » en particulier chez les femmes très jeunes.

L’Académie rappelle que l’achat d’un test de grossesse se fait généralement « dans une période d’incertitude qui appelle un conseil et une réponse aux questions et aux angoisses en cas de test positif ». L’information succincte donnée par la notice ne saurait, aux yeux de l’institution, remplacer l’accompagnement personnalisé du pharmacien. « La perte d’un interlocuteur, professionnel de santé et de terrain, marque un recul important en matière de santé publique » conclut le communiqué. Sur le terrain politique, la majorité note que les pharmaciens défendent avant tout leur monopole. L’UMP, qui dénonce pour sa part une banalisation de l’accès à ces tests, n’est pas de cet avis et a déposé des recours auprès du Conseil constitutionnel qui tranchera au final cette question.

Source: Santelog.com

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septembre 16th, 2013 by Pharmacien

En France, les autorités sanitaires recommandent aux femmes enceintes de s’abstenir totalement de boire de l’alcool pendant leur grossesse, arguant qu’une consommation même très faible de boissons alcoolisées peut avoir des conséquences graves sur la santé de l’enfant. Les principaux risques sont une naissance prématurée, un retard de croissance in utero et la pré-éclampsie.
Certains pays n’ont pourtant pas fait le choix de la tolérance zéro. C’est le cas notamment de la Grande-Bretagne, où le ministère de la Santé n’interdit pas la consommation modérée d’alcool chez la femme enceinte. Une vaste étude internationale semble donner raison à cette position.

Le Dr Fergus McCarthy et une équipe de chercheurs internationaux ont comparé les données de naissance d’enfants nés de 5 628 femmes, enceintes pour la première fois entre 2004 et 2011. Parmi elles, plus de la moitié avaient rapporté avoir bu de l’alcool au cours de leur premier trimestre de grossesse, 19 % ayant consommé un à deux verres par semaine, 25 % trois et sept verres par semaine et 15 % plus de sept verres par semaine.

L’analyse scientifique, parue dans la version en ligne de la revue Obstetrics & Gynecology, n’a pas permis de mettre en évidence la moindre différence entre les femmes enceintes abstinentes et les autres, et ce quel qu’ait été leur niveau de consommation d’alcool. Cette étude rejoint les travaux de scientifiques danois qui, l’année dernière, avaient montré qu’une faible consommation d’alcool pendant la grossesse n’affectait pas les capacités mentales de l’enfant à ses cinq ans. Pour autant, l’étude américaine s’est attiré cette semaine les foudres de nombreuses associations de protection de l’enfance qui soulignent qu’elle ne prend pas en compte les méfaits de l’alcool à long terme sur la santé des enfants.

Source: Doctissimo.fr

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janvier 18th, 2011 by Pharmacien

Près de 6 000 produits de consommation (principalement des chewing-gums et boissons gazeuses) et plus de 500 produits pharmaceutiques contiennent de l’aspartame. Chez les enfants et les femmes en âge de procréer, l’absorption quotidienne est estimée à 2,5 à 5 mg par kg de poids corporel.

La dose journalière admissible établie par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) est de 40 mg/kg. Pourtant deux nouvelles études relancent la polémique au sujet du caractère cancérigène et dangereux pour la grossesse des édulcorants chimiques. La première a été conduite par le chercheur danois Thorhallur Halldorsson, sur près de 60 000 Danoises enceintes. Parue fin 2010 dans l’ American journal of clinical nutrition, elle montre que la consommation d’au moins une boisson gazeuse contenant un édulcorant augmente en moyenne de 38 % les risques de naissance avant terme.

L’augmentation du risque est de 27 % si l’on ne boit qu’un soda édulcoré par jour, 35 % si l’on en boit 2 ou 3 et 78 % quand on en consomme 4. L’impact est moindre avec les boissons non gazeuses, plus riches en cyclamate et saccharine. La seconde étude, publiée il y a quatre mois dans l’American Journal of Industrial Medicine, corrobore quant à elle les résultats de deux études antérieures sur les impacts de l’aspartame chez les rats.

Le chercheur italien Morando Soffritti a démontré que l’aspartame augmentait les risques de cancers du foie et du poumon chez 240 souris mâles (contrairement aux femelles, chez qui le risque n’est pas accru). L’Anses va prochainement examiner ces études en vue d’éventuelles recommandations aux autorités françaises. D’ores et déjà, l’Association Internationale des Edulcorants (ISA/AIE) a contesté « la validité scientifique de ces travaux et rappelle que l’aspartame constitue l’un des produits alimentaires les mieux étudiés dans le monde ».

Même son de cloche auprès de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (l’EFSA), qui a contesté la méthodologie des études antérieures conduites par le Dr Soffritti et a estimé récemment que rien n’indiquait « un quelconque potentiel génotoxique ou carcinogène » après exposition in utero.

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octobre 13th, 2010 by Pharmacien

La consommation maternelle d’alcool au cours de la grossesse peut menacer la santé et le développement du foetus. Une exposition prénatale faible à modérée à l’alcool augmente les risques de retard de croissance, de fausses couches spontanées, de mort-né, d’accouchement prématuré, de faible poids à la naissance et d’autres anomalies. Chez les hommes, la consommation d’alcool semble également être associée à une altération de la quantité et de la qualité du sperme. Mais jusqu’ici les conséquences d’une exposition prénatale à l’alcool sur la qualité ultérieure du sperme n’avaient pas été examinées.

Une équipe danoise s’y est donc employée. Ainsi, 347 garçons issus d’une cohorte de grossesses constituée entre 1984 et 1987 ont été recrutés entre 2005 et 2006 alors qu’ils étaient âgés de 18 à 21 ans. Les échantillons de sperme et de sang ont été analysés respectivement pour les paramètres conventionnels du sperme et pour les taux d’hormones de la reproduction. Les informations sur la consommation maternelle d’alcool avaient été collectées de manière prospective pendant la grossesse. Quatre groupes ont été distingués selon le niveau de consommation d’alcool total par semaine (< 1 verre par semaine, n=110; 1-1,5, n=127; 2-4, n=72; > 4,5, n=38). Au Danemark, un verre contient environ 12 grammes d’alcool.

La concentration en spermatozoïdes diminue avec l’augmentation de l’exposition prénatale à l’alcool (p=0,05). Ainsi la concentration moyenne ajustée chez les fils des mères ayant consommé au moins 4,5 verres par semaines pendant la grossesse est de 40 millions/ml (IC 95 % : 25-60). Cette concentration est inférieure de 32 % à celle des hommes exposés en période prénatale à moins d’un verre par semaine (59 millions/ml ; IC 95 % : 44-77 ; p=0,04). On retrouve également une association entre volume du sperme et nombre total de spermatozoïdes et exposition prénatale à l’alcool mais celle-ci n’est pas dose dépendante : on constate en effet une augmentation du volume du sperme de 24 % (p=0,001) et du nombre total des spermatozoïdes de 48 % (p=0,005) en cas d’exposition prénatale à 1 – 1,5 verre par semaine, par rapport à une exposition à moins d’un verre par semaine, la différence n’étant pas statistiquement significative. Les ajustements en fonction de la consommation d’alcool des sujets eux-mêmes n’ont pas modifié les résultats. Aucune variation significative n’a été trouvée en ce qui concerne la mobilité et de la morphologie du sperme ou des hormones de la reproduction (testostérone, oestradiol, FSH, LH, SHBG et inhibine B).

En conclusion, les résultats de cette étude suggèrent que l’exposition prénatale à l’alcool pourrait avoir des effets néfastes persistants sur les cellules de Sertoli, et ainsi sur la concentration du sperme. D’autres études devraient déterminer si ces associations sont causales, ce qui pourrait expliquer certaines différences rapportées entre diverses populations et certaines dégradations à long terme de la qualité du sperme.

Source: Dr Viola Polena (Ramlau-Hansen CH et coll. : Maternal alcohol consumption during pregnancy and semen quality in the male offspring: two decades of follow-up. Hum Reprod., 2010; 25: 2340-5.)

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mai 12th, 2010 by Pharmacien

L’asthme est une maladie sensible au tabagisme chronique, qu’il soit passif ou a fortiori actif. Les études ne manquent pour démontrer les effets délétères du tabac En revanche, les informations sont moins nombreuses pour la femme enceinte asthmatique. Or dans ce contexte, il est légitime de s’interroger sur les conséquences du tabagisme sur :

1) la sévérité de la maladie asthmatique ;
2) l’évolution de la grossesse ;
3) l’état du nouveau-né.

Deux études ont permis de constituer une cohorte unique de femmes enceintes asthmatiques : d’une part, une étude d’observation prospective portant sur des patientes atteintes d’un asthme léger ou modéré, d’autre part un essai randomisé comparant deux approchez thérapeutiques Un questionnaire détaillant les antécédents de tabagisme et l’exposition domestique au tabac a été confié à chaque participante. Dans l’essai randomisé, les taux de cotinine ont été en outre systématiquement dosés. La sévérité de l’asthme, les complications au cours de la grossesse et le pronostic néonatal ont été pris en compte. L’analyse statistique a reposé sur le test de Kruskal-Wallis et le test du Chi-2 de Pearson.

Au total, la cohorte finale a inclus 2 210 femmes enceintes asthmatiques, dont 1 812 provenant de l’étude d’observation et les 398 autres de l’essai randomisé.

Quatre cent huit femmes ont rapporté un tabagisme actif. Trente-six pour cent (n=790) des participantes non fumeuses étaient exposées à un tabagisme passif.

Le tabagisme actif s’est avéré associé à des symptômes quotidiens plus fréquents (p<0,001) et il a en été de même pour les troubles du sommeil (p<0,001).

Chez les nouveau-nés, le tabagisme actif maternel a été associé à la prématurité (p<0,001) et à un poids de naissance plus bas (p <0,001). En revanche, le tabagisme passif n’a eu aucun effet délétère, ni sur les symptômes de l’asthme, ni sur la grossesse, ni sur l’état du nouveau-né.

Chez la femme enceinte asthmatique, le tabagisme actif fait preuve d’une certaine nocivité tant pour l’asthme maternel que pour la croissance foetale. Le tabagisme passif, pour sa part, n’aurait aucun de ces effets délétères.

Newman RB et coll. : The Effect of Active and Passive Household Cigarette Smoke Exposure on Pregnant Women With Asthma. Chest 2010 ; 137: 601-608.

Source: Dr Philippe Tellier

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