février 18th, 2014 by Pharmacien

Une étude publiée hier dans le Journal of Applied Microbiology s’intéresse aux effets de l’huile d’origan sur la santé, et plus précisément ceux du carvacrol, une substance présente dans cette huile et dans le thym.

Selon le Dr Kelly Bright, qui a mené l’étude, le carvacrol s’attaque à la couche extérieure du norovirus, à l’origine de nombreuses maladies alimentaires et deuxième cause de gastro-entérite après le rotavirus. « Le carvacrol pourrait être utilisé comme un désinfectant alimentaire, voire pour les surfaces, particulièrement en association avec d’autres antibactériens. Il reste du travail pour évaluer son potentiel, mais le carvacrol attaque le virus de manière unique, ce qui rend la perspective intéressante ».

Il est toutefois inutile de dévorer dès aujourd’hui une pizza pour se protéger de la prochaine épidémie de gastro, car le carvacrol n’a aucun rôle préventif.

En plus des effets négatifs d’un régime à base de pizza, un abus de la substance pourrait s’avérer indigeste: trop concentré, il cause des sensations de brûlure puis d’engourdissement de la langue!

Source: Pourquoi Docteur ?

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mai 6th, 2010 by Pharmacien

La mesure la plus efficace pour réduire, chez les nourrissons, le risque d’infection par Enterobacter sakazakiiest de reconstituer les laits en poudre infantiles (LPI) avec de l’eau à plus de 70°C (et pas à 40°C). En pratique, elle est peu appliquée pour des raisons que réfute E Hormann.

Les LPI ne sont pas stériles ! Les boites de lait peuvent contenir des entérobactéries, dont Enterobacter sakazakii, pathogène pour les petits nourrissons. Depuis 2000, ont été rapportés, dans des unités de néonatologie, des cas groupés d’entérocolites ulcéronécrosantes, de septicémies et de méningites dues à cet Enterobacter, touchant des grands prématurés. A chaque fois, il a été démontré qu’un LPI était la source et le véhicule des microbes. A la suite de cela, l’OMS et plusieurs agences de sécurité alimentaire (dont l’AFSSA) ont émis une série de recommandations afin d’améliorer la sécurité bactériologique des LPI.

Quels que soient les standards des différents laboratoires, une contamination des LPI à l’étape de la production demeure toujours possible. Le processus de production n’élimine pas tous les microbes et les contrôles bactériologiques sur les produits finis sont aléatoires. La probabilité de contamination d’une boite de lait au cours de sa fabrication est estimée à 2,5 pour 100 par l’OMS, quatre fois la probabilité de contamination d’un biberon de lait lors de sa préparation (dans les pays développés).

L’étape d’utilisation est donc critique pour détruire des Enterobacteréventuellement présents dans la poudre de lait. Les biberons doivent être préparés dans des conditions d’hygiène, avec de l’eau à au moins 70°C pour reconstituer le lait. Les Enterobacter sakazakiine résistent pas à une telle température. S’ils ne sont pas bus immédiatement, les biberons peuvent être conservés 24 heures au réfrigérateur, à moins 5°C.

Les industriels et une partie du corps médical sont défavorables à l’utilisation d’une eau aussi chaude. Leur principale objection est la dégradation des vitamines (thiamine, folate, acide pantothénique, et vitamine C), avec possibilité de desquamation. En fait, seule la teneur en vitamine C diminue significativement, mais elle reste convenable. Les deux autres sont moins sérieuses : formation de grumeaux de lait et brûlures buccales, si le biberon est donné à boire sans attendre que le lait ait refroidi ! Sous-jacente à ces objections, E Hormman discerne une volonté de minimisation du risque infectieux lié à l’utilisation des LPI.

Une enquête menée en Italie a montré que, malheureusement, l’intérêt de cette mesure c’est-à-dire la reconstitution des LPI avec de l’eau à au moins 70°C, avait jusqu’à présent peu diffusé parmi les parents.

Le risque infectieux est un désavantage de plus des LPI par rapport à l’allaitement. Quand il n’est pas possible de faire autrement, les LPI doivent être reconstitués avec de l’eau bouillie encore chaude. C’est impératif pour les petits nourrissons les plus vulnérables : les grands prématurés et les enfants ayant des déficits immunitaires. Il existe toutefois une alternative pour ces enfants, les formules liquides pour prématurés, qui sont stériles et prêtes à l’emploi.

Hormann E. : Reducing the risk for formula-fed infants: examining the guidelines. Birth 2010 ; 37 : 72-76

Source: Dr Jean-Marc Retbi

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