juin 24th, 2013 by Pharmacien

En juin 2011, un arrêté de l’ancien ministre de la Santé Xavier Bertrand a décidé d’interdire la vente des poppers, devant l’explosion de leur consommation, en particulier chez les jeunes.

Les poppers ont longtemps circulé dans les milieux homosexuels pour leurs effets sur la sexualité (augmentation de la durée de l’érection, amplification des contractions orgasmiques, retard de l’éjaculation). Mais depuis quelques décennies, cette « drogue du sexe » séduit aussi pour son usage récréatif. Elle procure, en effet, une sensation d’euphorie immédiate, souvent accompagnée de rire. On estime que plus d’un jeune sur dix, âgé entre 18 et 25 ans, en a consommé au moins une fois au cours de l’année écoulée. Il s’agit aujourd’hui, en France, de la drogue la plus consommée après le cannabis.

Ces niveaux de consommation inédits ont conduit l’ancien gouvernement à interdire la commercialisation des poppers.

Lundi dernier, le Conseil d’État a annulé l’arrêté ministériel en estimant que les poppers ne relèvent pas des dispositions du Code de la santé publique relatives aux stupéfiants : « il ressort des pièces qui lui ont été soumises, que ces produits ont une toxicité faible aux doses inhalées habituelles » argumente l’institution.

Les spécialistes estiment pourtant que les dangers des poppers sont confirmés par de nombreuses études scientifiques. « Ils induisent des pertes visuelles, la toxicité maculaire mais aussi cardiaque des poppers est documentée », indique ainsi Laurent Karila, psychiatre à l’hôpital Paul-Brousse. Le Dr Amine Benyamina, psychiatre addictologue dans le même hôpital, souligne pour sa part des « dommages collatéraux » non négligeables : « les poppers entraînent des conduites à risque de la part des usagers, notamment lors des rapports sexuels. De plus, ils préparent à la consommation d’autres drogues ».

Source: www.pourquoi-docteur.nouvelobs.com

Posted in Drogues Tagged with: ,

avril 25th, 2013 by Pharmacien

Le quotidien Die Welt s’inquiète d’un phénomène en vogue chez les jeunes Allemands : le joint enrichi de végétaux. En cette période de l’année, les hortensias des jardins publics sont particulièrement convoités pour leurs pétales et feuilles qui, une fois séchés, procurent des effets hallucinogènes et euphorisants similaires à ceux obtenus par la substance active du cannabis, le tétrahydrocannabinol. Mais fumer cette fleur n’est pas anodin si l’on en juge par sa toxicité.

Le Dr Heidemarie Lux indique que la fumée inhalée de l’hortensia contient de l’acide cyanhydrique, un composé chimique naturellement produit par plusieurs végétaux. Le cyanure d’hydrogène est susceptible d’altérer la chaîne respiratoire et de bloquer les muscles respiratoires, avec pour conséquence l’asphyxie interne du sujet. Il peut entraîner des étourdissements et des troubles gastro-intestinaux, voire à doses élevées, être mortel. Utilisé dans la fabrication de pesticides, l’acide cyanhydrique a également été employé comme arme d’extermination de masse dans les chambres à gaz sous le régime nazi.

Plusieurs blogs présents su la toile sont consacrés aux joints à base de végétaux, considérés comme une médecine alternative. Mais aucun de ces sites ne met en garde les utilisateurs des risques réels encourus.

Source: pourquoi-docteur.nouvelobs.com

Posted in Drogues Tagged with:

février 23rd, 2012 by Pharmacien

Les études expérimentales ont montré que le cannabis altérait les performances cognitives et motrices lors de la conduite automobile. Les expérimentations ne sont toutefois pas le reflet exact de ce qui se passe dans la pratique et l’on peut se demander si conduire sous l’emprise du cannabis a de réelles conséquences sur le terrain. L’interrogation est d’autant plus justifiée que les résultats des études épidémiologiques consacrées à ce sujet ne sont pas toujours cohérents.
Une équipe canadienne a réalisé une revue de la littérature et sélectionné 9 études pour une méta-analyse. Les résultats sont sans appel : conduire sous l’influence du cannabis multiplie par près de deux le risque de collision se soldant par des blessures graves ou un décès (Odds ratio OR 1,92 ; Intervalle de confiance à 95 % : 1,35 à 2,73 ; p = 0,0003). Les résultats diffèrent un peu selon le type de l’étude, avec un effet supérieur dans les études de haute qualité méthodologique, les études cas-contrôle (2,73 ; 1,23 à 6,33) et les études concernant les accidents mortels (2,10 ; 1,31 à 3,36). Si l’effet est moins évident pour les accidents mineurs, il paraît en revanche aggravé par la prise concomitante d’alcool.

Ces résultats sont cohérents avec de récentes données alertant sur l’augmentation de la présence de substances autres que l’alcool (cannabis et antidépresseurs) chez les victimes d’accidents graves ou mortels. D’autres travaux montraient aussi récemment que dans certaines régions, la conduite sous l’emprise du cannabis tend à devenir plus fréquente que la conduite en état d’ivresse chez les jeunes conducteurs.

L’alcool reste toutefois encore la substance le plus souvent retrouvée chez les victimes d’accidents et les données sur la relation entre la consommation d’alcool et les collisions sont plus robustes que pour le cannabis.
Les législations concernant la conduite sous l’emprise de cannabis varient selon les pays. En France, une peine pouvant aller jusqu’à 2 ans de prison et 4 500 euros d’amende s’applique à tout conducteur chez qui l’analyse sanguine détecte la moindre trace de stupéfiant, peine assortie d’un retrait de 6 points du permis de conduire.

 

 

Source: Dr Roseline Péluchon (Asbridge M et coll .: Acute cannabis consumption and motor vehicle collision risk: systematic review of observational studies and meta-analysis. BMJ 2012; 344:e536 doi: 10.1136/bmj.e536)

Posted in Drogues Tagged with: , , ,

mai 11th, 2010 by Pharmacien

« En vente libre sur Internet depuis le mois de février, un test qui évalue la quantité de cannabis dans les urines, suscite une controverse », note Le Monde.
Il s’adresse aux parents qui soupçonnent leurs enfants d’usage de drogue ou qui veulent les dépister régulièrement. Son usage, simple, permet de mesurer trois paliers de consommation : de faible présence de THC (une molécule présente dans le cannabis), à une très forte consommation, en passant par une présence significative.

Pourtant, la plupart des psychiatres et des addictologues se disent plutôt hostiles, comparant ce procédé à une intrusion dans l’intimité du jeune. « C’est dramatique, considère Daniel Bailly, pédopsychiatre et professeur de psychiatrie à l’université d’Aix-Marseille. On risque de stigmatiser un comportement, d’enfermer l’adolescent dans une impasse en lui collant une étiquette dont il n’arrivera pas à se débarrasser ».

Aujourd’hui, si près d’un jeune sur deux expérimente le cannabis, seulement 3% des jeunes de 17 ans déclarent fumer quotidiennement. « Fumer un joint fait partie d’un rite quasi obligatoire chez les adolescents », considère Marcel Rufo, professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. « En faisant ce test, on dramatise la consommation de cannabis, qui en soi ne dit rien de l’état du jeune ».

Posted in Drogues, Prévention Tagged with: , , ,

mai 7th, 2010 by Pharmacien

Le Parisien s’intéresse à un sondage BVA selon lequel « 21% des parents ne parlent jamais à leurs enfants des dangers liés à la consommation de drogue, [et] 22% ne leur rappellent jamais que c’est interdit ».

Selon les chiffres, « un tiers des parents ne se sentent pas soutenus par des professionnels ». Le journal note qu’au-delà de la prévention, « la famille est la clé de voûte des soins. Son implication améliore de 30% l’efficacité du traitement de l’addiction au cannabis, selon une étude européenne ». Dans le cadre d’un colloque sur « le rôle de la parentalité dans la prévention des addictions chez les ados », organisé aujourd’hui et demain par la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie à Paris, le journal interroge Etienne Apaire, président de la Mildt.

Pour lui, « les spécialistes ont longtemps considéré les parents comme l’une des causes du problème lorsqu’ils avaient un ado à traiter. Du coup, laissées de côté et peu informées, les familles se sentent souvent mal à l’aise pour aborder ce sujet avec leur progéniture ». Il estime que « les traitements sont mieux suivis si les parents s’en mêlent. Ils ne doivent pas être en permanence derrière leurs enfants, mais a contrario ne rien dire, c’est criminel ».

Posted in Drogues Tagged with: , , , ,