La dépression : symptômes et définition
septembre 20th, 2011 by Pharmacien

 
Entre tristesse passagère et un début de dépression, la limite est parfois floue. Certains symptômes doivent être pris au sérieux, pour agir au plus vite. Entretien avec le Docteur Laurent Soulayrol.  
La dépression : symptômes et définition  

Simple coup de mou après une rentrée difficile ou signes annonciateurs d’une dépression ?

 
On a parfois du mal à saisir le sens d’une baisse d’appétit ou de douleurs musculaires qui surviennent alors qu’on pense que tout va bien. Il faut alors se poser les bonnes questions pour agir au plus vite, sans que la situation ne se dégrade. « Derrière ce que l’on nomme communément dépression, il faut d’abord percevoir un désarroi face à un quotidien que l’on ne gère plus », analyse le Docteur Laurent Soulayrol. Le psychiatre marseillais distingue différents degrés d’affection, allant de la simple tristesse, à l’angoisse, voire la névrose. « Il y a des symptômes qu’il ne faut pas négliger. Les plus courants sont la fatigue et les troubles de l’appétit, mais il y en a d’autres, très nombreux ! », poursuit-il.

Le lien entre le corps et l’esprit montre là toutes ses facettes. Ainsi, les signes annonciateurs d’une dépression peuvent être perçus à travers l’agressivité, la nervosité ou le manque de concentration, mais aussi dans des symptômes physiques comme le mal de dos, les difficultés à digérer ou à manger ou encore des éruptions cutanées. Avant de soigner seul ces maux, il ne faut pas hésiter à évoquer ces troubles avec votre pharmacien. Il pourra vous prodiguer de précieux conseils, vous éviter une mauvaise automédication et vous inciter, le cas échéant, à consulter.

« On peut traiter des douleurs que l’on croît passagères, sans percevoir leur origine », explique Laurent Soulayrol qui recommande vivement de s’adresser à son médecin généraliste. « Les médecins référents ont l’avantage de connaître leurs patients et de pouvoir faire la part des choses entre ce qui relève du médical et ce qui va au-delà ». Le médecin généraliste est de plus formé pour déceler les signes annonciateurs de la dépression. C’est lui qui va guider son patient vers un spécialiste, en le questionnant sur son ressenti.

La difficulté réside dans le fait qu’il n’y a pas de diagnostic formel pour parler de dépression. L’institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) propose malgré tout une définition assez rigoureuse de ce que l’on doit considérer comme une dépression : il faut que les perturbations de l’humeur soient multiples et bien caractérisées, qu’elles se manifestent de façon (quasi) permanente pendant une période supérieure à deux semaines et qu’elles entraînent une gêne importante dans un ou plusieurs domaines de la vie quotidienne (difficulté ou incapacité de se lever, d’aller à son travail, de sortir faire ses courses…).

Chacun se retrouve en fait face à ses propres inquiétudes. Il est important alors de parler de ce que l’on ressent. « Les signes envoyés par notre organisme doivent nous alerter, ajoute le Dr Soulayrol. Parfois, ils peuvent conduire à des thérapies rapides, qui donnent des résultats probants en cinq ou six séances. D’autres fois, ces indications mettent au jour des difficultés plus lourdes qui nécessitent un suivi sur le long terme ». Reste ensuite à identifier la meilleure des prises en charge, médicale, psychologique ou mixte.

  • A noter : Le site de L’INPES consacré à la dépression : http://www.info-depression.fr  et un site consacré à la dépression des sujets âgés : http://www.depression-guide.com

 

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septembre 9th, 2011 by Pharmacien

Selon un sondage réalisé par la BBC en 2004, explique un éditorial du British Journal of Psychiatry consacré à la musicothérapie, la meilleure « aide musicale» pour « améliorer les symptômes dépressifs» consisterait dans l’audition du disque des Smiths (le groupe formé par le Bitannique Steven Patrick Morrissey, entre 1982 et 1987), « I know it’s over » (Je sais que c’est fini, 1986). Malheureusement, poursuivent les auteurs qui examinent les mécanismes d’action possibles de la musicothérapie et constatent « l’émergence de preuves de son intérêt contre la dépression», « la grande disponibilité de ce  »rock du bourdon » (down-hearted rock) ne paraît guère avoir diminué la prévalence de la dépression !»

Pourtant, la musicothérapie anti-dépressive « semble agir», mais comment ? L’efficacité de cette « intervention complexe» tiendrait moins à « la personnalité du thérapeute» ou à la nature de sa relation avec le patient qu’à des « opportunités» offertes au sujet déprimé d’élaborer de nouvelles expériences dans « au moins trois dimensions interdépendantes», respectivement de nature « esthétique», « physique» et « relationnelle. »

La dimension esthétique est évidente, liée à la relation entre la dépression et « le manque d’expériences du plaisir dans l’existence» : la connotation hédoniste liée à la musique pourrait donc contribuer à restaurer un aspect du goût à la vie.

La dimension physique vient d’une « pratique active » (active doing) de la musique, liée au fait de jouer un instrument avec le musicothérapeute, dans la mesure où cette occupation constituerait un cas particulier d’exercice physique, et que « le rôle de l’activité physique dans la prévention de la dépression et dans l’atténuation de ses effets est bien reconnu. »

Et le troisième facteur est de nature relationnelle : selon certains psychologues du développement, il existerait des analogies entre le « vocabulaire musical» et les interactions précoces mère-enfant : ces interactions préverbales sont les premières à « nous instruire sur nous-mêmes, guider notre pensée et nous offrir des opportunités de plaisir dans le monde qui nous entoure.» Or leur  »musicalité » est « manifestement affectée, avec d’importantes implications pour le développement de l’enfant, lorsque les mères sont dépressives. » Proposer une réminiscence de ces premières expériences de sonorités  »para-musicales » est une justification supplémentaire pour certaines musicothérapies. Dans cette perspective, la fonction du thérapeute peut être considérée comme « néo-parentale : nourrir musicalement le patient, afin de faciliter un processus similaire de découverte de soi et des relations aux autres », en stimulant notamment la « capacité à donner du sens (experiencing meaning) et à éprouver du plaisir ( experiencing pleasure).

Source: Dr Alain Cohen (Anna Maratos & al. : « Music therapy for depression: it seems to work, but how? » Br J Psychiatry 2011-8; 199: 92-93.)

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septembre 12th, 2010 by Pharmacien

À l’occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide, organisée le 10 Septembre’hui, Jean-Louis Terra, psychiatre, explique à La Croix « que l’on peut prévenir une tentative de suicide ». « La crise suicidaire, même très avancée, est réversible.

Les gens sont ambivalents jusqu’au bout », explique-t-il. Il ajoute que « les personnes qui ont des idées de suicide – environ 5 % – peuvent être arrêtées si elles sont écoutées au bon moment par la bonne personne qui va constituer une bouée de sauvetage ». « Si quelqu’un vous dit je vais mal, ne changez pas de sujet, ne le rassurez pas bêtement en disant cela va passer. Au contraire, soyez curieux de l’autre, pour approfondir sa souffrance, voir jusqu’où est allée la crise ».

« Tout citoyen à peu près équilibré et qui a le souci de l’autre peut apprendre à entrer en contact avec quelqu’un qui va mal, à évaluer l’urgence suicidaire pour l’orienter vers la chaîne de secours : famille, urgences, médecin traitant, numéros verts… », estime Jean-Louis Terra.

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avril 28th, 2010 by Pharmacien

L’envie de chocolat n’est peut-être pas à mettre sur le compte de la seule gourmandise. Il pourrait également être le signe d’un mal-être psychique. Des chercheurs de l’Université de Californie à San Diego ont fait paraître dans les Archives of Internal Medicine une étude montrant que les hommes et femmes dépressifs mangent davantage de chocolat que les autres et que la quantité consommée augmente selon la sévérité de leur dépression.
L’étude a porté sur un millier d’adultes qui ne prenaient pas d’anti-dépresseurs et ne souffraient d’aucune maladie cardiovasculaire ou de diabète. Sur une période donnée, les personnes les plus dépressives ont consommé environ 12 portions de 28 grammes chacune par mois, contre cinq portions pour celles ne présentant aucun symptôme dépressif et huit portions chez les individus « moyennement » déprimés.

Par ailleurs, il n’y avait aucune différence en ce qui concerne la consommation d’autres aliments riches en antioxydants comme les poissons, les fruits et les légumes. Dans la mesure où l’étude a porté sur une période limitée, il n’a pas été possible de déterminer si la consommation de chocolat a accru ou diminué les symptômes dépressifs non plus que de distinguer les effets du chocolat noir et au lait.

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