mai 6th, 2010 by Pharmacien

La mesure la plus efficace pour réduire, chez les nourrissons, le risque d’infection par Enterobacter sakazakiiest de reconstituer les laits en poudre infantiles (LPI) avec de l’eau à plus de 70°C (et pas à 40°C). En pratique, elle est peu appliquée pour des raisons que réfute E Hormann.

Les LPI ne sont pas stériles ! Les boites de lait peuvent contenir des entérobactéries, dont Enterobacter sakazakii, pathogène pour les petits nourrissons. Depuis 2000, ont été rapportés, dans des unités de néonatologie, des cas groupés d’entérocolites ulcéronécrosantes, de septicémies et de méningites dues à cet Enterobacter, touchant des grands prématurés. A chaque fois, il a été démontré qu’un LPI était la source et le véhicule des microbes. A la suite de cela, l’OMS et plusieurs agences de sécurité alimentaire (dont l’AFSSA) ont émis une série de recommandations afin d’améliorer la sécurité bactériologique des LPI.

Quels que soient les standards des différents laboratoires, une contamination des LPI à l’étape de la production demeure toujours possible. Le processus de production n’élimine pas tous les microbes et les contrôles bactériologiques sur les produits finis sont aléatoires. La probabilité de contamination d’une boite de lait au cours de sa fabrication est estimée à 2,5 pour 100 par l’OMS, quatre fois la probabilité de contamination d’un biberon de lait lors de sa préparation (dans les pays développés).

L’étape d’utilisation est donc critique pour détruire des Enterobacteréventuellement présents dans la poudre de lait. Les biberons doivent être préparés dans des conditions d’hygiène, avec de l’eau à au moins 70°C pour reconstituer le lait. Les Enterobacter sakazakiine résistent pas à une telle température. S’ils ne sont pas bus immédiatement, les biberons peuvent être conservés 24 heures au réfrigérateur, à moins 5°C.

Les industriels et une partie du corps médical sont défavorables à l’utilisation d’une eau aussi chaude. Leur principale objection est la dégradation des vitamines (thiamine, folate, acide pantothénique, et vitamine C), avec possibilité de desquamation. En fait, seule la teneur en vitamine C diminue significativement, mais elle reste convenable. Les deux autres sont moins sérieuses : formation de grumeaux de lait et brûlures buccales, si le biberon est donné à boire sans attendre que le lait ait refroidi ! Sous-jacente à ces objections, E Hormman discerne une volonté de minimisation du risque infectieux lié à l’utilisation des LPI.

Une enquête menée en Italie a montré que, malheureusement, l’intérêt de cette mesure c’est-à-dire la reconstitution des LPI avec de l’eau à au moins 70°C, avait jusqu’à présent peu diffusé parmi les parents.

Le risque infectieux est un désavantage de plus des LPI par rapport à l’allaitement. Quand il n’est pas possible de faire autrement, les LPI doivent être reconstitués avec de l’eau bouillie encore chaude. C’est impératif pour les petits nourrissons les plus vulnérables : les grands prématurés et les enfants ayant des déficits immunitaires. Il existe toutefois une alternative pour ces enfants, les formules liquides pour prématurés, qui sont stériles et prêtes à l’emploi.

Hormann E. : Reducing the risk for formula-fed infants: examining the guidelines. Birth 2010 ; 37 : 72-76

Source: Dr Jean-Marc Retbi

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avril 28th, 2010 by Pharmacien

Le Parisien relate qu’après « avoir longtemps minimisé la toxicité du bisphénol A, l’Afssa change son fusil d’épaule ». Elle a en effet « étudié le niveau d’exposition moyen des consommateurs français au BPA. Les résultats sont, certes, plutôt rassurants. Mais le directeur général de l’Afssa, Marc Mortureux, annonce qu’il militera au niveau européen pour un étiquetage des produits contenant du BPA et une révision des normes afin de protéger davantage les consommateurs ».
Le responsable explique que « l’exposition moyenne d’un Français est de 50 à 100 fois inférieure à la dose journalière tolérable fixée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments ». Le journal relève néanmoins que « certaines études suggèrent que la substance pourrait avoir, même à des niveaux très bas, des effets sur le développement in utero des bébés et des impacts neurocomportementaux sur les enfants de moins de 3 ans ». « Il ne faut pas attendre pour renforcer la protection des consommateurs, [avec] une mise en garde des populations les plus sensibles », ajoute le directeur général.

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