mars 31st, 2014 by Pharmacien

Une étude co-signée par deux groupes d’experts de l’académie américaine de pédiatrie et du collège des gynécologues-obstétriciens pointe du doigt les dangers de l’accouchement dans une piscine. Cette technique est censée diviser par trois le temps de l’accouchement et réduire le recours à l’anesthésie.

Si la naissance aquatique reste très marginale en France (moins d’une dizaine de maternités la pratiquent), elle s’est beaucoup développée en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas et en Belgique au cours de la dernière décennie. Selon les experts, il n’existe pas de preuve scientifique que l’immersion dans l’eau facilite la première phase du travail. Ils signalent en outre que la méthode ne serait pas sans dangers et rapportent notamment des cas rares d’infections liées à de l’eau sale, de saignements, de problèmes respiratoires ou même de noyades. D’après eux, accoucher dans l’eau doit rester une technique expérimentale, assortie de protocoles stricts.

En France, les autorités sanitaires sont du même avis. L’Agence régionale de santé de Bretagne aquatique a ainsi récemment exigé la fermeture du premier centre français de naissance aquatique (le centre Semmelweiss qui devait ouvrir ses portes en 2012) au motif qu’il ne répondait pas « aux conditions d’hygiène, de sécurité et d’organisation des soins requises par le Code de la santé publique ».

Source: www.pourquoidocteur.fr

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décembre 3rd, 2010 by Pharmacien

Aux USA, environ une femme sur 200 accouche à domicile, ce qui représente environ 25 000 accouchements par an. Le Collège Américain des Obstétriciens et Gynécologues, concerné par la sécurité maternelle et du nouveau-né, ne soutient pas l’accouchement à domicile, eu égard à l’absence d’études scientifiques rigoureuses sur ce sujet. Les larges études de cohorte comparant accouchement à domicile et à l’hôpital ont pourtant fourni d’abondantes données à ce sujet, mais il semble que ces travaux sous-estiment les risques des accouchements à domicile. En effet, environ 9 % des femmes multipares et 37 % des nullipares ayant prévu d’accoucher à domicile nécessitent, le moment venu, un transfert à l’hôpital. Mais à l’inverse, certaines complications tardives sont aussi attribuées à l’accouchement à l’hôpital.

Dans ce contexte une revue de la littérature et une méta-analyse ont été effectuées afin d’évaluer la sécurité maternelle et celle du nouveau-né dans le cas des accouchements à domicile planifiés par rapport aux accouchements à l’hôpital.

Douze études ont été incluses dans cette méta-analyse. Au total, on dispose ainsi des données de 342 056 accouchements à domicile planifiés et de 207 551 à l’hôpital.

Les accouchements à domicile ont été associés à un moindre taux d’interventions médicales, telles que l’analgésie épidurale, le monitorage cardiaque foetal, l’épisiotomie et les accouchements par césarienne. Les risques de lacérations, d’hémorragies, d’infections et de rétentions placentaires étaient également moindre. Par contre le terme était plus souvent >= 42 SA.

Dans les accouchements à domicile, on retrouve aussi moins de prématurés et de faible poids à la naissance. Les taux de mortalité périnatale apparaissent similaires entre les accouchements à domicile planifiés et ceux suivis à l’hôpital (0,07 vs 0,08 ; OR=0,95 ; IC 95 % : 0,77-1,18). Cependant les accouchements à domicile sont associés à une augmentation significative des taux de mortalité néonatale (entre le 1er et le 28ème jour) : celui-ci est en effet le double de celui des accouchements à l’hôpital (0,20 vs 0,09 ; OR=1,98 ; IC 95 % : 1,19-3,28). De plus, le taux de mortalité des bébés sans anomalies congénitales et accouchés à domicile est trois fois plus important (0,15 vs 0,04 ; OR=2,87 ; IC 95% : 1,32-6,25).

En conclusion, les résultats de cette méta-analyse montrent que les accouchements à domicile sont associés à un doublement de la mortalité néonatale par rapport aux accouchements à l’hôpital. Cette différence pourrait être expliquée par une moindre médicalisation et par un accès plus difficile à la réanimation néonatale lors des accouchements à domicile. Il faut souligner que la fréquence de la mortalité néonatale reste très faible dans les deux cas et que l’applicabilité de ces résultats à la population des femmes optant pour l’accouchement à domicile aux USA reste très limitée. Toutefois, les résultats de cette étude devraient contribuer à l’élaboration de modèles de meilleures pratiques pouvant bénéficier à la mère et à l’enfant, et quel que soit le lieu d’accouchement.

Source: Dr Viola Polena, (Wax JR et coll. : Maternal and newborn outcomes in planned home birth vs planned hospital births : a metaanalysis. Am J Obstet Gynecol. 2010; 203: 243.e1-8.)

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