La vérité sur la Lavande

Les auteurs de l’article eux mêmes l’affirment : ces dernières années ont été marquées par une incidence croissante des infections fungiques, notamment chez les immunodéprimés, et concomitamment par une plus grande fréquence des résistances aux antifongiques. Un problème qui pourrait prendre de l’ampleur dans les années à venir où peu de nouveaux produits sont attendus et concerner différentes pathologies, du vulgaire pied d’athlète aux infections systémiques gravissimes des immuno compromis en passant par les classiques candidoses cutanéo-muqueuses.

Il est pourtant, en la matière, un produit largement prescrit aux marges de la médecine classique et auquel on attribue beaucoup de vertus : l’huile essentielle (HE) de lavande. Une lavande qui méritait, certainement, qu’on l’évalue de plus près…

Etude, donc, des propriétés antifongiques alléguées de l’HE de lavande, en l’occurrence Lavandula viridis L’Her puisqu’il s’agissait d’une étude portugaise menée dans la région de Coimbra. Les auteurs ont, selon des techniques microbiologiques tout à fait classiques, déterminé les CMIs d’HE et d’extraits principaux sur différents champignons tels que Candida albicans, Cryptococcus neoformans ou des dermatophytes. Il est apparu que les dermatophytes et C. neoformans étaient particulièrement sensibles, avec des CMIs autour de 0,32 mg/ L, un peu inférieures à celles déterminées pour C albicans, de 0,64 à 2,5 mg/L. La plupart du temps, les CMI étaient très proches des concentrations létales minimum, indiquant un fort effet fongicide ; en outre, l’HE inhibait la filamentation de C. albicans à des concentrations largement inférieures à la CMI. Un ensemble de résultats qui laissait penser aux auteurs que l’HE qu’il étudiait pourrait bien être utile pour traiter des dermatophyties et autres candidoses, sous condition quand même que quelques essais in vivo confirment ces résultats in vitro.

Le plus curieux, cependant, vient peut-être d’une autre étude qui attribue à la lavande des propriétés (complémentaires) qu’on attendait moins, et que des obstétriciens Iraniens viennent de (re)mettre en évidence. Il s’agissait, pour l’occasion, d’un essai randomisé conduit chez 120 primipares en bonne santé générale sur lesquelles, pour épisiotomie, on badigeonnait soit de l’HE de lavande soit une solution povidone-iodine. Que croyez vous qu’il advint ? Il n’y eut aucune différence statistique significative entre les deux groupes en termes de complications locales, mais celles qui bénéficièrent de la lavande récupérèrent plus rapidement un état local satisfaisant. Ce qui fit conclure aux auteurs qu’il serait certainement judicieux d’utiliser plus souvent l’HE de lavande dans cette indication.

Demain les salles d’accouchement sentiront peut-être la lavande !

Source: Dr Jack Breuil (Zuzarte M et coll. : Chemical composition and antifungal activity of the essential oils of Lavandula viridis L’Her. J Med Microbiol 2011 Publication avancée en ligne le 14 février Vakilian K et coll. : Healing advantages of lavender essential oil during episiotomy recovery: a clinical trial. Complement Ther Clin Pract 2011; 17: 50-3)

mars 8th, 2011 by