Vingt-cinq pour cent des prescriptions d’antibiotiques sont injustifiées

Le recours excessif aux antibiotiques est source de problèmes pour les médecins américains. Selon une étude publiée dans la revue Journal of Antimicrobial Chemotherapy, non seulement 25 % des prescriptions d’antibiotiques sont injustifiées, mais en outre, 60 % des antibiotiques prescrits font partie des antibiotiques les plus forts, connus sous le nom d’« antibiotiques à large spectre ».

Les chercheurs de l’Université d’Utah de Salt Lake City (États-Unis) ont examiné des données concernant 238 624 consultations de patients dans des établissements de soins de santé entre 2007 et 2009. Sur la base de cet échantillon, ils estiment à 985 millions le nombre moyen de consultations ambulatoires annuelles. Selon les estimations, 101 millions d’entre elles auraient débouché sur une prescription d’antibiotiques : 62 millions se seraient conclues par une prescription d’antibiotiques à large spectre et 39 millions par une prescription d’antibiotiques à spectre étroit.

Dans plus de 25 % des cas étudiés, ces prescriptions sont inutiles, l’infection provenant d’un virus. Cependant, il est parfois difficile de déterminer l’origine virale ou bactérienne d’une infection. « Il semble que la tendance naturelle, en cas d’incertitude quant à l’origine d’une infection, incite à la prescription inappropriée d’antibiotiques », a affirmé l’auteur référent, Adam L. Hersh. Selon lui, les antibiotiques à large spectre sont, en outre, davantage susceptibles d’être délivrés lorsqu’ils ne sont pas nécessaires.

L’utilisation excessive d’antibiotiques peut entraîner des effets secondaires et contribuer au développement de bactéries résistantes aux antibiotiques. Les médecins semblent opter pour des antibiotiques plus forts notamment en cas de troubles respiratoires, d’infections cutanées et d’infections urinaires, qui, dans la plupart des cas, seraient mieux traités par d’autres antibiotiques. Les auteurs conseillent vivement aux patients et aux médecins d’être plus prudents lors de la prescription et de l’utilisation d’antibiotiques.

Source: Journal of Antimicrobial Chemotherapy

août 12th, 2013 by