Mediator : des victimes s’unissent pour se faire entendre

« Officiellement on ne peut pas parler de défense des victimes du Mediator, on risquerait un procès en diffamation au cas où notre action en justice serait caduque », prévient le Calaisien. Pour autant c’est tout comme. Car c’est bien le médicament antidiabétique que vise l’« Association de défense des personnes victimes des effets secondaires de médicaments destinés à lutter contre le diabète et/ou la surcharge pondérale », intitulé officiel de l’ADVM.

Les statuts de celle-ci devraient être déposés aujourd’hui. José Duquenoy, entouré de proches calaisiens, en sera le président. Le but de la structure sera de porter le combat contre le médicament retiré du marché français en 2009 devant la justice. C’est dans ce cadre que José a déposé le 31 décembre une plainte contre X pour empoisonnement. « Le jour même on parlait de nous », se réjouit le Calaisien, qui déclare avoir reçu sur son portable près de cent quatre-vingts appels de Lille, Boulogne-sur-Mer, Dunkerque, Hénin-Beaumont, mais aussi d’Alsace, de Normandie, du Tarn… « Plus on parle de nous, mieux c’est. On veut savoir pourquoi on a attendu autant pour interdire ce médicament. » Malgré l’âpreté de ses paroles, José Duquenoy n’est pas la victime directe dans cette affaire. C’est sa femme Sylvie qui serait la première touchée. Son état de santé serait d’ailleurs si dégradé qu’elle ne peut pas se faire prendre en photo. « Elle est trop fatiguée, impossible pour elle de se déplacer », invoque le Calaisien.
« Un jour, elle a perdu connaissance »

Aujourd’hui handicapée à 79 %, selon la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH), Sylvie aurait commencé à prendre du Mediator en 2006. « Elle était diabétique, le médecin avait confiance, c’était un médicament comme les autres, après tout », raconte le président de l’ADVM. Mais au bout de quelques mois les choses se gâtent : « Ça a commencé avec une hypoglycémie persistante. Puis il y a eu une fatigue énorme. Un jour, elle a perdu connaissance. On a mis cela sur le compte du stress. Puis elle a fait deux infarctus qui l’ont emmenée à l’hôpital… » À l’époque, le couple ne met pas le Mediator en cause, et décide juste d’interrompre le traitement quelques mois. Mais « l es effets secondaires peuvent intervenir des mois après la prise du médicament », continue José. Alors la santé de Sylvie a continué de se dégrader. « Elle a repris le Mediator, les effets ne se sont pas calmés. » Aujourd’hui, Sylvie a du mal à marcher, est essoufflée au moindre mouvement, est victime de pertes d’équilibre, a des problèmes articulatoires… Bref, elle a « tous les symptômes des personnes victimes du Mediator », insiste José Duquenoy. Avec la force de la conviction. •

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Source: lavoixdunord.fr

janvier 5th, 2011 by