Un café pour la route ?

Les routiers doivent faire face à de longs trajets monotones avec parfois une perturbation du cycle circadien dû au travail de nuit, ce qui les rend sujets à la fatigue et à l’assoupissement au volant. Pour rester alertes certains ont recours généralement au café et parfois même à des stimulants illicites.

Cette étude cas-témoins se propose d’évaluer l’influence de la consommation de café sur la prévention des risques d’accidents chez les routiers parcourant de longues distances en Australie.

La consommation de caféine (ainsi que celle d’autres stimulants) a été appréciée à l’aide d’un questionnaire auxquels ont été soumis 530 routiers récemment victimes d’un accident pris en charge par la police (cas) et 517 routiers qui n’avaient pas eu d’accident au cours des 12 mois précédents dans l’exercice de leur métier (témoins).

L’objectif primaire était de comparer la probabilité d’avoir un accident chez les routiers qui consomment de la caféine durant leur travail dans le but de rester éveillés par rapport à ceux qui n’en consomment pas.

Quarante-trois pour cent des routiers ont rapporté avoir consommé des produits contenant de la caféine tel que café, thé, comprimés de caféine ou des boissons énergisantes afin de rester éveillés. Seuls 3 % ont admis l’usage de stimulants illicites tels que l’amphétamine, l’ecstasy ou la cocaïne.

Les données ont été ajustées selon divers facteurs confondants incluant l’âge, les différentes pathologies constatées, le rythme du sommeil, les symptômes dus à une perturbation du sommeil, les conditions de travail tels que le nombre de kilomètres parcourus, le nombre d’heures de sommeil, les pauses, et la conduite nocturne.

Après cet ajustement, il est apparu que pour les routiers ayant consommé du café pour rester éveillés le risque d’avoir un accident était réduit de 63 % par rapport à ceux qui n’en ont pas consommé (Odds ratio : 0,37, intervalle de confiance à 95 % : 0,27 à 0,50).

Selon les auteurs la consommation de produits caféinés est ainsi associée à un risque réduit d’accident chez les routiers conduisant de longues distances.

Bien entendu un biais majeur de cette étude vient du fait que la consommation de café a été rapportée par simple questionnaire. En attendant confirmation par des études plus fiables on peut estimer que si dormir suffisamment et prendre des pauses restent le fondement de la prévention de la fatigue au volant, l’usage judicieux de produits caféinés semble avoir sa place dans ce contexte.

Source: Univadis

avril 10th, 2013 by