L’interdiction de vente des poppers annulée par le Conseil d’Etat

En juin 2011, un arrêté de l’ancien ministre de la Santé Xavier Bertrand a décidé d’interdire la vente des poppers, devant l’explosion de leur consommation, en particulier chez les jeunes.

Les poppers ont longtemps circulé dans les milieux homosexuels pour leurs effets sur la sexualité (augmentation de la durée de l’érection, amplification des contractions orgasmiques, retard de l’éjaculation). Mais depuis quelques décennies, cette « drogue du sexe » séduit aussi pour son usage récréatif. Elle procure, en effet, une sensation d’euphorie immédiate, souvent accompagnée de rire. On estime que plus d’un jeune sur dix, âgé entre 18 et 25 ans, en a consommé au moins une fois au cours de l’année écoulée. Il s’agit aujourd’hui, en France, de la drogue la plus consommée après le cannabis.

Ces niveaux de consommation inédits ont conduit l’ancien gouvernement à interdire la commercialisation des poppers.

Lundi dernier, le Conseil d’État a annulé l’arrêté ministériel en estimant que les poppers ne relèvent pas des dispositions du Code de la santé publique relatives aux stupéfiants : « il ressort des pièces qui lui ont été soumises, que ces produits ont une toxicité faible aux doses inhalées habituelles » argumente l’institution.

Les spécialistes estiment pourtant que les dangers des poppers sont confirmés par de nombreuses études scientifiques. « Ils induisent des pertes visuelles, la toxicité maculaire mais aussi cardiaque des poppers est documentée », indique ainsi Laurent Karila, psychiatre à l’hôpital Paul-Brousse. Le Dr Amine Benyamina, psychiatre addictologue dans le même hôpital, souligne pour sa part des « dommages collatéraux » non négligeables : « les poppers entraînent des conduites à risque de la part des usagers, notamment lors des rapports sexuels. De plus, ils préparent à la consommation d’autres drogues ».

Source: www.pourquoi-docteur.nouvelobs.com

juin 24th, 2013 by