Un diabétique sur 5 renonce à des soins !

À l’occasion de la journée mondiale contre le diabète, le 14 novembre, le bulletin épidémiologique hebdomadaire a fait le point sur la prise en charge des malades français. Malgré l’inscription de la pathologie sur la liste des affections de longue durée (ALD), qui ouvre le droit à un remboursement à 100 % des frais de santé, « 20 % des patients diabétiques déclarent renoncer à des soins pour des raisons financières ».

En se basant sur les données de l’étude Entred 2007, portant sur 263 diabétiques de type 1 et 3 467 de type 2 (dont plus de 90 % bénéficiaient d’une inscription en affection de longue durée et 88 % d’une couverture complémentaire), des experts en économie de la santé ont chiffré précisément les dépenses réalisées par les patients pour se soigner. Le reste à charge pour les personnes atteintes de diabète de type 2 s’élevait en moyenne à 660 euros, soit 12 % des dépenses présentées au remboursement, et à 486 euros pour ceux souffrant de diabète insulinodépendant (soit 6,3 % des dépenses). Les trois postes principalement concernés étaient les médicaments, les dispositifs médicaux, comme les bandelettes, et les soins dentaires. Sur l’année écoulée, 54 % des patients disaient avoir rencontré des difficultés financières ; 23 % des diabétiques de type 1 et 17 % de type 2 déclaraient avoir renoncé à des soins de santé. Les raisons économiques ne seraient pas les seules en cause. S’ajouteraient d’autres facteurs comme la complexité des dispositifs de protection sociale.

André Grimaldi, professeur émérite de diabétologie à la Pitié-Salpêtrière et auteur de l’éditorial qui accompagne ce numéro du BEH, en conclut que « malgré des sommes croissantes consacrées par l’Assurance maladie aux patients diabétiques (plus de 15 milliards en 2013), les résultats sont décevants ». De fait, seulement 50 % des diabétiques de type 2 et 37 % des diabétiques de type 1 seraient en équilibre glycémique. Il redoute que les pouvoirs publics ne remettent en cause l’accès à l’ALD pour tous les patients diabétiques, en réservant ce droit aux malades les plus pauvres ou les plus sévèrement atteints. Pour diminuer les dépenses de l’Assurance maladie, il préconise de réviser le contenu du panier de soins pris en charge à 100 % et de mettre en place une éducation thérapeutique ambulatoire adaptée aux besoins réels des patients. Il exhorte également les médecins français à cesser de trop prescrire les nouvelles molécules.

Source: www.lepoint.fr

novembre 15th, 2013 by