Une tendance à la baisse du taux des hormones sexuelles ?

Les taux sériques des hormones sexuelles diminuent avec l’âge : ceci est tout à fait net chez la femme au moment de la ménopause. Chez l’homme, une diminution progressive du taux de testostérone est également notée, mais sans conséquence clinique claire. Par ailleurs, une étude prospective conduite chez des Américains de 45 à 79 ans a noté au cours des 17 années de suivi, une baisse du taux de testostérone indépendante de l’âge et attribuable à des facteurs environnementaux (1). Une étude danoise récente a fait les mêmes constatations. (2) L’augmentation du poids corporel et l’adiposité pourraient jouer ici un rôle important. (3,4)

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Une étude a été entreprise en Suède pour vérifier ces données grâce à l’analyse (en 1995 et en 2008) d’un échantillon aléatoire de 2 400 hommes et femmes âgés de 25 à 64 ans (participants effectifs : 1 616, soit 67 %) issus de l’étude MONICA (5). Le nombre de fractures radiologiques, le taux des hormones sériques et les résultats de l’échographie du calcanéum ont été comparés dans les mêmes groupes d’âge en 1995 et 2008.

En 2008, les hommes avaient une testostéronémie sérique libre significativement plus faible que les hommes de même âge en 1995 (p < 0,001), avec une corrélation négative entre testostéronémie et poids corporel (testostéronémie corrigée pour le poids, p < 0,005 entre 55 et 64 ans). La composition corporelle, l’activité physique et l’incidence des fractures étaient similaires. Pour les femmes, l’oestradiolémie en 2008 était plus basse que celles ayant le même âge en 1995, le traitement hormonal substitutif était plus rarement utilisé, le recours aux tranquillisants et l’activité physique de loisir étaient plus fréquents ; l’incidence des fractures était plus élevée chez les femmes ménopausées (29,2 % vs 16,9 % ; odds-ratio [OR] 2,05, intervalle de confiance à 95 % [IC] 1,48-2,85 ; p < 0,001), et les tassements vertébraux en représentaient une proportion plus élevée (18,9 % au lieu de 7,7 % ; OR 2,73, IC 1,02-8,50 ; p = 0,031). Le cholestérol et les triglycérides sériques étaient plus bas chez tous les sujets en 2008 par rapport à ceux de même âge en 1995.

Une tendance à la baisse à long terme de la testostérone sérique masculine a donc été confirmée, sans effet apparent sur l’incidence des fractures chez ces hommes relativement jeunes. Chez les femmes ménopausées, l’incidence de fractures apparaît plus élevée, en particulier pour les tassements vertébraux, ce qui pourrait s’expliquer par la baisse de l’oestradiol sérique et par l’augmentation du risque de chute en raison de l’augmentation de l’utilisation des tranquillisants et de l’activité physique. L’échantillon populationnel faible en 2008 est la principale limitation de l’étude.

Source: Dr Gérard Loeb

1) Trimpou P et coll. Secular trends in sex hormones and fractures in men and women. Eur J Endocrinol 2012; 166: 887-95. 2) Travison TG et coll. A population-level decline in serum testosterone levels in American men. Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism 2007; 92:196-202. 2) Andersson AM et coll. Secular decline in male testosterone and sex hormone binding globulin serum levels in Danish population surveys. Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism 2007; 92: 4696-705. 3) Sorensen K et coll. Recent changes in pubertal timing in healthy Danish boys: associations with body mass index. Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism 2010; 95: 263-70. 4) Travison TG et coll. Temporal trends in testosterone levels and treatment in older men. Current Opinion in Endocrinology, Diabetes & Obesity 2009;16: 211-17. 5) Wilhelmsen L et coll. Risk factors for cardiovascular disease during the period 1985-1995 in Goteborg, Sweden. The GOT-MONICA Project. Journal of Internal Medicine 1997; 242: 199-211.

janvier 22nd, 2013 by