Fracture de la hanche mortelle, surtout chez l’homme

L’incidence de l’ostéoporose est appelée à augmenter avec le vieillissement de la population et il va en être de même pour les fractures ostéoporotiques. Quand la hanche est touchée, il semble que la mortalité immédiate et même tardive soit bien supérieure à celle de la population générale. Le sexe a-t-il une influence sur ces phénomènes ? C’est à cette question que répond une étude de cohorte prospective réalisée au Danemark, dans laquelle ont été inclus plus de 41 000 sujets sélectionnés à partir d’une base de données. Dans tous les cas, une fracture de la hanche était survenue entre le 1er janvier 1999 et le 31 décembre 2002, et le suivi a été assuré jusqu’au 31 décembre 2005.

La mortalité s’est avérée plus élevée chez les hommes, alors que ceux-ci étaient plus jeunes en moyenne de 4 ans que les femmes au moment de la fracture de la hanche. La mortalité cumulée à 12 mois après une telle fracture a été estimée à 37,1 % dans le sexe masculin et à 26,4 % dans le sexe féminin, versus respectivement 9,9 % et 9,3 % au sein de la population générale. Au cours de l’année qui a suivi la fracture, le risque relatif (RR) de décès chez les femmes a été positivement associé : 1) à l’âge, soit un RR de 1,06 ; 2) au nombre de médicaments utilisés de manière courante (RR=1,04) ; 3) aux composants spécifiques de l’index de comorbidités dit de Charlson. Des relations voisines ont été mises en évidence dans le sexe masculin, pour ce qui est du nombre de médicaments (RR=1,06) et de l’index de comorbidités.

L’analyse des courbes de survie à long terme a révélé l’existence d’une surmortalité chez les hommes, soit un RR de 1,70 (p<0,001 versus les femmes), après ajustement en fonction des facteurs de confusion potentiels, tels l'âge, le site de la fracture, le nombre et le type de médicaments, ainsi que les comorbidités chroniques. Cette surmortalité à long terme, observée dans le sexe masculin, est difficile à expliquer, mais elle mérite d'être prise en compte dans la période qui suit la survenue d'une fracture de la hanche. Nimann Kannegaard P et coll. Excess mortality in men compared with women following a hip fracture. National analysis of comedications, comorbidity and survival. Age Ageing 2010; 39: 203-209. Dr Philippe Tellier

avril 29th, 2010 by