Retour Augmentation des cas de légionellose en Europe : la faute à la météo ?

La surveillance de la légionellose a débuté au niveau européen en 1996 et est réalisée depuis 2010 par un réseau dédié (European Legionnaire’s Disease Surveillance Network).

Le nombre de cas rapportés a d’abord augmenté lors de la mise en place de la surveillance, puis a connu un plateau avec 5 500 à 6 000 cas par an de 2005 à 2009. En 2010 ont été signalés en moyenne 1,2 cas confirmés ou probables pour 100 000 habitants, une augmentation de 12 % par rapport à 2009. Ce taux variait beaucoup d’un pays à l’autre et était le plus élevé en Slovénie et aux Pays Bas. Six pays (France, Allemagne, Italie, Espagne, Pays-Bas et Royaume-Uni rapportaient 86 % des cas et c’était aux Pays Bas (+83 %), en Allemagne (+ 37 %) et en France (+26 %) que la hausse était la plus sensible.

Sur la période 2009-2010, le taux de mortalité a été de 11 %. Pour 10 582 cas rapportés, l’origine probable de l’infection a pu être précisée : 71 % étaient d’origine communautaire, 20 % associés au voyage, 8 % nosocomiaux et 1 % d’origine autre. Les patients étaient considérés comme faisant partie d’un groupe de cas, s’ils avaient été exposés à la même source qu’au moins un autre patient (avec moins de deux ans d’écart entre les infections). Sur les 7 872 cas pour lesquels cette notion a pu être documentée, en moyenne 8 % étaient groupés, la proportion étant plus importante pour les infections associées au voyage (20 %) et moindre dans le groupe communautaire (5 %). Une majorité de cas (59 %) sont survenues entre juin et octobre, en 2009 comme en 2010.

Sur les 995 cas excédentaires de 2010 par rapport à la moyenne 2008-2009, 67 % ont donc été rapportés par la France, l’Allemagne et les Pays-Bas, sur deux pics en janvier, (uniquement en France, + 52 %) et août (+ 50 %).

L’augmentation s’est donc concentrée sur 3 pays et sur 2 mois, et cet excès était fait de cas sporadiques ou de petits groupes. Les données géographiques disponibles pour la France et les Pays-Bas ont permis de les localiser dans l’Est des deux pays. Cette concentration temporelle et spatiale des cas excédentaires suggère un rôle environnemental tel qu’une vague de chaleur associée à de fortes pluies.

Le pic aoûtien de légionelloses serait donc possiblement imputable à l’été exceptionnellement chaud en Europe en 2010.

Source: Beaute J et coll. : Legionnaires disease in Europe, 2009-2010. Euro Surveill., 2013 ; 7 : 18(10). doi:pii: 20417

avril 26th, 2013 by