Étude NutriNet-Santé : lancement de la « Biobanque »


C’est ce matin que le Pr Serge Hercberg, qui dirige l’Unité de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Paris), a dévoilé son nouveau projet : après avoir lancé en mai 2009 l’étude NutriNet-Santé* (une cohorte sur Internet pour analyser les comportements alimentaires et les relations nutrition-santé), il a annoncé la création d’une Biobanque NutriNet-Santé destinée à collecter et à stocker des échantillons biologiques provenant de volontaires inclus dans l’étude NutriNet-Santé. Le but est de mettre au jour des liens intimes unissant la façon de se nourrir et les risques de développer des maladies.

« En pratique, nous cherchons dans un premier temps à recruter 10 000 volontaires parmi les 170 000 participants actuels à l’étude NutriNet-Santé, explique Serge Hercberg. Ils seront reçus dans différents centres, essentiellement des hôpitaux de l’Île-de-France et de province (à terme, il devrait y en avoir une trentaine sur toute la France). Là, ils subiront différents examens cliniques et biologiques : mesure de l’indice de masse corporelle, de leur composition corporelle, de leur tension artérielle, de leur force musculaire, prise de sang et recueil d’urine. » Si des problèmes de santé sont alors dépistés, les personnes seront immédiatement averties.

Tester de nouveaux biomarqueurs

Dans un premier temps, les paramètres mesurés vont être mis en relation avec le comportement alimentaire des « nutrinautes », pour tenter d’établir d’éventuelles corrélations. Mais c’est l’étape suivante qui intéresse le plus les chercheurs. Et c’est tout l’intérêt de la Biobanque, spécialement construite à Bobigny pour recueillir les urines et le sang. Cet établissement est composé d’un laboratoire spécifique (équipé d’un automate permettant de fractionner les prélèvements reçus en un grand nombre de petits échantillons) et d’un lieu dédié au stockage des échantillons à – 80 °C. Ces derniers seront décongelés en fonction des besoins, ce qui permettra de poursuivre les travaux pendant plusieurs années.

« Notre but est désormais d’étudier des biomarqueurs pour comprendre leur rôle exact, précise le Pr Hercberg. Nous allons par exemple nous intéresser au stress oxydant (qui fait vieillir prématurément les cellules), à l’insulino-résistance (cette diminution de l’efficacité de l’insuline qui entraîne un trouble de la régulation du sucre) et à l’inflammation chronique à bas bruit. Nous voulons également envisager les hypothèses hormonales et génétiques. Et nous testerons de nouveaux biomarqueurs au fur et à mesure de leur identification. »

Profitant de l’annonce de ce matin, Serge Hercberg renouvelle son appel à la participation de nouveaux « nutrinautes ». Le but de l’étude NutriNet-Santé est d’en réunir 500 000 en 5 ans et de trouver, parmi eux, 150 000 volontaires pour les examens de sang et d’urine. Ce qui permettrait aux chercheurs de disposer d’une gigantesque banque d’échantillons biologiques. Les équipes estiment que l’apport de la Biobanque, ajouté aux informations collectées par Internet et au suivi de santé des personnes qui se sont engagées dans ce vaste projet, devrait permettre de comprendre bien des liens entre alimentation et santé.

Source: Lepoint.fr

février 24th, 2011 by